Exposition d’art sacré à la Chapelle de Cazals

du 15 Juillet au 16 Août

Exposition d’art sacré à la chapelle de Cazals (Lot) du 15 juillet au 16 août 2026.
Œuvres de Serge Barlan.

Pendant un mois, l’association pour la sauvegarde du patrimoine de Cazals expose à la
chapelle Saint Jean-Gabriel Perboyre de Cazals des créations de Serge Barlan maître
enlumineur à Luzech. Cet artiste réinterprète les techniques picturales médiévales : icônes,
reliquaires, mais surtout d’étonnantes enluminures et lettrines sur pierre plutôt que sur
parchemin avec des pigments naturels, de la feuille d’or et selon la technique de la tempera.

Les origines de l’enluminure, un art oublié
C’est à un étonnant voyage dans l’imaginaire du Moyen Âge, des Mérovingiens jusqu’au milieu
du XIIIème siècle que nous convie Serge Barlan avec ses créations. À cette époque le réseau
des abbayes offrait asile et refuge dans toute l’Europe aux pèlerins comme aux lettrés. Les
moines convers analphabètes se consacraient au travail de la terre tandis que dans le
scriptorium les moines de chœur se consacraient principalement à l’Opus Dei — « l’œuvre de
Dieu » — à l’étude et, parfois, à l’écriture. Ils recopiaient à la plume, page à page, sur du
parchemin les textes sacrés. Ils ménageaient des espaces qui permettaient ensuite au maître
enlumineur et au doreur d’intervenir. Selon la richesse du commanditaire le livre s’enrichissait
alors de lettrines en début de page, d’illustrations et de dorures à la feuille d’or. Ce travail
faisait de chaque livre un objet unique et très précieux. Jusqu’en 1450 c’est ainsi que naissaient
les livres. Mais l’invention par Johannes Gutenberg, dans sa ville de Mayence d’un système
d’imprimerie basé sur des caractères mobiles en plomb sera vite une révolution qui sonnera
la fin des moines copistes et des techniques d’enluminures.

La technique
« Je peins à la tempéra (des pigments naturels mélangés avec de la gomme arabique et du
jaune d’œuf) explique Serge Barlan. Je peins sur des dalles de pierres du Lot et de Dordogne
préalablement passées avec une technique du Moyen Âge laissée dans un manuscrit par un
apothicaire, un mélange de cinq plantes pour fermer les pores de la roche, comme on le fait
avec un gesso pour le bois, afin de pouvoir peindre sans passer dix couches de pigments. »
Chaque création est précédée par un important travail de recherche et de documentation
préalable pour nourrir son inspiration. De châteaux en villages, en passant par les archives
départementales, il part quelquefois à la recherche de trésors dissimulés au cœur des
parchemins, découvrant des fragments d’histoires oubliées depuis des siècles.
Émerveillé par ses découvertes, Serge Barlan chemine ensuite pendant de longues heures
d’atelier solitaires pour réinterpréter ces images rares et leur insuffler une nouvelle vie avec
une harmonie suprême, mariant la technique et la fantaisie, la joie des formes et celle des
couleurs. Au pinceau et à la plume, sur des papiers d’art, du parchemin ou de la pierre, Serge
Barlan s’affirme comme le digne héritier de ces artisans et artistes qui depuis les Mérovingiens
et à travers tout le Moyen Âge ont enrichi par leur talent les manuscrits rares qui leur étaient
confiés. Les enlumineurs étaient alors recherchés par les grands seigneurs mécènes et les
riches abbayes.

L’artiste
Itinéraire d’un maître enlumineur
Serge Barlan est né en 1956 à Toulouse. Après s’être formé aux Beaux-Arts de Toulouse et de
Paris, il apprend la technique de l’icône en Crête.
Aujourd’hui il vit à Luzech. Ancien designer de jouets passionné d’histoire, il est l’auteur de
quatorze ouvrages dont le dernier retrace l’histoire de la commune de Luzech de l’an 1100
jusqu’au XIXème siècle. Il a participé à divers salons sous l’enseigne de sa micro entreprise
Plume et Enluminure. Ses créations d’enluminures et ses illustrations sont visibles sur
Instagram et Facebook. Passionné de géologie et de spéléologie, il a découvert la grotte des
Carbonnières en 2003. Après avoir exposé ses reliquaires au Grand Couvent de Gramat en
2025, c’est à la chapelle Saint Jean-Gabriel Perboyre de Cazals, que cet artiste singulier a prévu
d’exposer ses œuvres à la demande de l’association pour la sauvegarde du patrimoine de
Cazals.

Sa démarche
« Pour la chapelle de Cazals, explique l’artiste, j’ai peint plus de trente œuvres : enluminures
et icônes, dont trois de grandes tailles : Saint Jacques, Sainte Brigitte de Suède et une Vierge
noire que vous verrez sous vitres. J’ai fait don de ces œuvres afin que l’association de
sauvegarde du patrimoine puisse les montrer au public, mais aussi aux nombreux pèlerins qui
vont passer à la chapelle, puisqu’elle se situe sur un itinéraire alternatif de Compostelle, venant
de Rocamadour et du Puy en Velay.»